Aller au contenu principal
Arnaques

Fausse convocation de gendarmerie par mail : ne payez pas

« Avertissement officiel du tribunal » signé Gendarmerie nationale, amende à payer : c'est une escroquerie. Exemple du 24 octobre 2026 et démarches.

Partager

Un mail au nom de la Gendarmerie nationale, de la Police nationale ou d'Europol vous accuse d'infractions sexuelles sur mineurs, vous menace de poursuites et vous demande de répondre ou de payer une amende pour clore l'affaire ? C'est une escroquerie. Le ministère de l'Intérieur écrit que ses services n'envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions, et que les infractions citées dans ces fausses convocations ne font jamais l'objet d'une transaction : elles sont traitées par la justice, sous le contrôle d'un magistrat.

Ne répondez pas, ne payez pas

Répondre confirme que votre adresse est lue et attire d'autres messages. Payer ne met fin à rien. Signalez le message, puis supprimez-le.

L'exemple reçu le 24 octobre 2026

Ce message est arrivé sur l'adresse de contact de mailarnaque.fr. Le nom affiché était « GENDARMERIE NATIONALE », mais l'adresse d'expédition appartenait au serveur d'une université thaïlandaise (domaine en .ac.th).

Exemple d'email frauduleux

De : GENDARMERIE NATIONALE (adresse sur un serveur universitaire thaïlandais) Objet : AVERTISSEMENT OFFICIEL DU TRIBUNAL

AVERTISSEMENT OFFICIEL DU TRIBUNAL

Atten, Nous avons été informés que vous avez commis une infraction pénale impliquant des mineurs dans des actes à caractère sexuellement explicite. Il s'agit d'une violation grave des lois fédérales et nationales. Le tribunal...

Deux détails suffisent à le démasquer. La gendarmerie n'écrit pas depuis une université étrangère. Et la France n'a pas de « lois fédérales » : le texte a été traduit d'un modèle écrit pour un autre pays.

Ce que disent la gendarmerie et le ministère

Le 11 août 2026, la Gendarmerie nationale a signalé une forte hausse de ces escroqueries depuis plusieurs semaines. Elle décrit un document qui ressemble à un courrier officiel : logos du ministère de la Justice, d'Europol et de la Gendarmerie en en-tête, signature du directeur général de la Gendarmerie nationale en bas de page, articles du Code pénal et du Code de procédure pénale, et proposition de régler « à l'amiable » une amende forfaitaire de 3 150 euros. Sa réponse : la gendarmerie ne procède jamais de cette façon, et un message qui n'a pas été envoyé par une adresse se terminant par @interieur.gouv.fr est frauduleux.

Cybermalveillance.gouv.fr observe ces campagnes sans interruption depuis l'été 2020. Les versions qu'elle a analysées laissent 72 heures pour répondre, menacent de prévenir les proches et les médias, et citent les noms de vrais cadres de la police ou d'Europol, parfois retraités depuis des années. Dans son bilan de 2025, l'organisme ajoute que beaucoup de ces fausses convocations demandent désormais d'envoyer des copies de pièces d'identité dès la première réponse : n'en transmettez aucune. Sur les nombreux cas rapportés, aucun message ne venait d'une adresse en @interieur.gouv.fr, et les adresses où l'on demandait de répondre ne l'étaient pas non plus (une adresse Gmail, par exemple).

Le domaine interieur.gouv.fr publie d'ailleurs une politique DMARC « reject » (relevé DNS du 28 octobre 2026) : les messageries qui appliquent cette règle refusent un mail qui se sert de cette adresse sans y être autorisé. C'est pourquoi les escrocs écrivent depuis d'autres domaines et se contentent d'afficher le nom de la gendarmerie.

Les signes qui ne trompent pas

  • Une accusation grave annoncée par mail, sans rendez-vous ni audition : le ministère écrit que ses services ne convoquent pas ainsi.
  • Une amende ou un règlement « à l'amiable » pour éviter les poursuites : ces infractions ne font jamais l'objet d'une transaction.
  • Une adresse d'expédition qui ne se termine pas par @interieur.gouv.fr, ou une réponse demandée vers une messagerie gratuite.
  • Un délai très court, souvent 72 heures, et la menace de prévenir votre entourage.
  • Un empilement de logos (Justice, Europol, Gendarmerie, Police) et une signature de très haut gradé.
  • Des tournures étrangères au droit français, comme les « lois fédérales » de l'exemple ci-dessus.

Que faire

Vous avez seulement reçu le message. Ne répondez pas, ne contactez pas l'expéditeur, ne cliquez sur aucun lien et n'ouvrez pas les pièces jointes. Faites une capture d'écran du message et de l'adresse d'expédition, puis signalez-le :

Marquez ensuite le message comme indésirable et supprimez-le. Le ministère recommande aussi de changer le mot de passe de votre messagerie : votre adresse a sans doute été récupérée sur un site où vous l'aviez utilisée.

Vous avez répondu ou payé. Cessez tout échange, conservez les messages et les preuves de paiement, contactez votre banque, puis déposez plainte au commissariat ou à la brigade de gendarmerie, ou par écrit au procureur de la République. L'association France Victimes peut vous accompagner gratuitement au 116 006, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h. Pour être guidé pas à pas, le service 17Cyber de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr propose un diagnostic en ligne.

Une vraie convocation

Si vous avez un doute sincère sur une procédure qui vous concernerait, ne passez jamais par le contenu du mail. Cherchez vous-même les coordonnées de la brigade ou du commissariat le plus proche et appelez-les.

Une escroquerie qui rapporte

Cybermalveillance.gouv.fr note que ces messages jouent sur la culpabilité, la honte et la peur d'une erreur judiciaire. La gendarmerie rappelle qu'en juin 2023 des enquêteurs ont arrêté plusieurs équipes impliquées dans le blanchiment de ces extorsions, commises par l'envoi de plusieurs centaines de milliers de courriels, pour un préjudice de plus de trois millions d'euros.

Le même ressort existe sans uniforme : le chantage à la vidéo intime, que nous détaillons dans notre page sur la sextorsion par email. Et pour les faux courriers de recouvrement signés d'un commissaire de justice, voir notre page sur l'arnaque au faux huissier.

Un mail officiel vous inquiète ? Collez-le dans notre analyseur : il vérifie si l'adresse d'expédition et les liens correspondent à l'organisme cité.

Analyser un email

Sources

  • Gendarmerie nationale, Gendinfo, Prévention : méfiez-vous des escroqueries à la fausse convocation !, publié le 11 août 2026 : hausse des signalements, logos, amende de 3 150 euros, adresse @interieur.gouv.fr, arrestations de juin 2023.
  • Ministère de l'Intérieur, Escroquerie au faux courriel, communiqué du 9 décembre 2021 : pas de convocation par courriel, pas de transaction, conduite à tenir.
  • Cybermalveillance.gouv.fr, Escroquerie à l'infraction pédopornographique, publié le 11 janvier 2022, mis à jour le 10 août 2026 : campagnes depuis 2020, délai de 72 heures, signalement sur Pharos, plainte, 116 006.
  • Cybermalveillance.gouv.fr, L'hameçonnage (« phishing ») en 2025, publié le 1er juin 2026 : demandes de pièces d'identité dans les fausses convocations.
  • 17Cyber, service d'assistance en ligne de la police, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr.
  • Relevé DNS de l'enregistrement DMARC de interieur.gouv.fr, effectué le 28 octobre 2026.
  • Message reçu sur l'adresse de contact de mailarnaque.fr le 24 octobre 2026.

Se protéger durablement

Repérer une arnaque, c’est bien. Réduire durablement les risques, c’est mieux. Nos comparatifs indépendants pour choisir les bons outils :

Articles similaires